Lundi 30 avril 2012
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Suicides à Disney : deux syndicalistes condamnés pour diffamation
Disneyland Paris (Seine-et-Marne). Deux responsables syndicaux de Disneyland Paris ont été condamnés lundi pour diffamation. Ils avaient accusé
deux responsables de Disney d'être à l’origine du suicide de deux employés début 2010.
Le tribunal correctionnel de Meaux a condamné ce lundi après-midi deux responsables syndicaux de Disneyland Paris pour diffamation. Les juges ont estimé que le secrétaire général du syndicat FO, Guy Bruno M’Boé, et son adjoint, David Charpentier, ont manqué de «prudence
et de mesures» en accusant le responsable des ressources humaines du parc d'attraction de Marne-la-Vallée, Daniel Dreux, et un manageur de la restauration, d'être à l'origine du suicide de deux
employés Disney, début 2010.
Début 2010, Disneyland Paris
avait été endeuillé par les suicides de trois employés. Pour deux d’entre eux, le syndicat FO avait établi un lien direct avec les conditions de travail, dans une série d’articles parus entre
février et mars 2010 sur le blog du syndicat. La direction des parcs à thèmes avait alors déposé plainte pour diffamation, reprochant au syndicat d’avoir explicitement visé le directeur des
ressources humaines et un manageur de restauration.
Condamnés cet après-midi, Guy Bruno M’Boé et David Charpentier devront verser 1€ de dommages et intérêts à l’entreprise, 1500€ au directeur des ressources humaines,
Daniel Dreux et 3000€ au manageur de restauration.
Un peu abasourdis à la sortie de l’audience, les deux syndicalistes envisagent déjà de faire appel dans les dix jours. «Nous avons toujours été de bonne foi.
Notre intention était d’alerter sur le malaise social qui règne au sein de l’entreprise et qui a été confirmé quelques mois plus tard par un sondage réalisé par la direction. Si notre bonne foi
n’est pas reconnue à Meaux, nous tenterons de la faire reconnaître à Paris», espèrent-ils. De son côté, Karine Raynaud, responsable des relations sociales, estime que «la justice a fait son
travail», sans souhaiter faire plus de commentaires.
Source leparisien.fr
Souvenez-vous (article du Parisien du 22 mars 2012)
Après les suicides à Disney, FO répond de diffamation
Deux responsables syndicaux de Disneyland étaient jugés hier pour diffamation de dirigeants. En 2010, ils avaient réagi après que deux salariés de restaurants
avaient mis fin à leurs jours.
Meaux, le 30 novembre 2011. Guy Bruno M’Boe (à gauche) et David Charpentier, ici au cours d’une précédente audience, concèdent que les articles qu’ils ont écrits
sont critiquables sur la forme, mais ils maintiennent que les deux salariés décédés étaient victimes de harcèlement.
«On a écrit avec le cœur et les tripes. Peut-être que l’écriture était un peu vive », a concédé Guy Bruno M’Boe à la barre du tribunal correctionnel de Meaux hier.
Ce délégué syndical Force ouvrière (FO) était jugé pour diffamation à l’encontre de deux responsables d’Euro Disney. Des articles parus en février et mars 2010 sur Internet, ainsi que sur le site intranet de l’entreprise, étaient en cause : des textes dans lesquels le directeur de la restauration et le
vice-président des ressources humaines étaient rendus responsables du suicide de deux employés de restaurants du complexe Disneyland Paris. « Vous y êtes allé un peu fort », a remarqué la présidente, Catherine
Feyler-Sapene. Egalement prévenu dans cette affaire, David Charpentier, lui aussi élu FO, a reconnu que la forme des propos était critiquable : « Mais notre syndicat a été alerteur d’un malaise.
A l’époque, le climat social était très difficile. »
A l’audience, les deux syndicalistes ont maintenu leur analyse et donc plaidé la bonne foi : si Rabii Hourourou, commis de cuisine, et Franck Claret, chef de
cuisine, ont mis fin à leurs jours début 2010, c’est parce qu’ils subissaient un harcèlement moral et travaillaient dans des « conditions de travail infernales, selon les termes de l’avocat des
syndicalistes, Me Renard, qui a plaidé la relaxe : Il n’y a pas de diffamation puisque les affirmations correspondent à la réalité. »
Rabii Hourourou avait déposé plainte pour harcèlement moral en juin 2009. « Cette plainte, c’est son testament, a estimé l’avocat. Franck Claret était submergé de
travail avec des horaires démentiels. Il était responsable de l’économat, qui ouvrait à 7 heures du matin, et s’occupait d’un restaurant jusqu’à minuit », a détaillé Me Renard.
Guy Bruno M’Boe a expliqué ce qui, selon lui, aurait fait basculer Rabii Hourourou : « Il est venu voir notre syndicat, car il était en détresse. Il ne voulait plus
travailler dans l’entreprise. » Une rencontre a alors eu lieu avec le directeur de la restauration, qui aurait donné verbalement son accord pour un départ négocié : « Nous avions obtenu que notre
collègue s’en aille avec six mois de salaire. » Peu de temps après, la direction aurait « changé d’avis » et refusé une transaction.
Ce qu’a démenti à la barre, hier, le directeur incriminé : « Je n’ai jamais rien accepté du tout. » Il décrit son préjudice : « Les mots écrits sont horribles, ça
m’a touché. Mes enfants m’ont demandé si j’avais tué quelqu’un. » De son côté, le vice-président des ressources humaines a dénoncé une « déferlante d’articles » : « J’ai été décrit comme le
pervers, le machiavélique. » Quant au directeur juridique d’Euro Disney, également partie civile, il a estimé que « la ligne jaune avait été franchie » et dénoncé « l’exploitation d’un drame
humain de manière partisane ».
La substitute du procureur a clairement pris position : « Le parquet de Meaux rejoint la partie civile en tous points. Les
syndicats ont le droit de penser ce qu’ils veulent, mais cela a des limites : ils ne peuvent pas jeter l’opprobre sur des méthodes de travail.
» Le délibéré sera rendu le 20 avril.
Source leparisien.fr
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