Dimanche 20 mai 2012
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Fralib : "Le vent a tourné"
Alors qu'Arnaud Montebourg a annoncé sa visite, MPM étudie la possibilité d'acheter le foncier.
En campagne pour les primaires socialistes, Arnaud Montebourg avait visité l'usine de Gémenos.
Les Fralib avaient prévenu, avant le 6 mai "le premier dossier que le nouveau ministre du Travail aura sur son bureau, c'est le scandale d'État qui s'est passé
dans notre dossier".
Depuis la mise en place du gouvernement, ils ont tenu parole, en adressant très officiellement des courriers aux différents ministères concernés. Hier, ils ont même
écrit une deuxième fois à Michel Sapin, en charge du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social, pour réclamer deux documents essentiels à leurs yeux, et dont ils dénoncent le "blocage", par le
précédent ministre du Travail, Xavier Bertrand, depuis des semaines : le procès-verbal établi au sujet de la 3e procédure de consultation du comité d'entreprise, ainsi que la fameuse lettre
d'observation que la Direction du travail devait adresser à la société Fralib, mais qui n'a jamais été envoyée.
Bénéficiant d'un délai de 15 jours avant que l'expulsion ne soit prononcée, les salariés comptent bien attirer l'attention du nouveau gouvernement, sur leur
situation. "Le vent a tourné", indiquait hier Freddy Huck, secrétaire de la Fédération agroalimentaire CGT ; "les choses s'accélèrent."
MPM acquéreur ?
Car le dossier Fralib, n'en finit pas d'enchaîner les rebondissements. Alors qu'Arnaud Montebourg, en charge du redressement productif, a indiqué sur France 2,
jeudi soir, qu'il comptait venir rencontrer les salariés, la communauté urbaine Marseille Provence Métropole étudie de près la Déclaration d'intention d'aliéner (DIA) qui vient de lui parvenir,
au sujet du terrain sur lequel est implantée l'usine. On se souvient en effet que la société Gounod, propriétaire du foncier, et la holding qui possède notamment la fabrique de chips Sibell,
avaient signé un compromis de vente au mois de mars. Une nouvelle étape vient d'être franchie puisque la collectivité a même demandé aux Domaines d'estimer la valeur du terrain, en vue de
répondre à la DIA d'ici le 25 mai. La collectivité irait-elle jusqu'à se porter acquéreur, pour que les salariés puissent mettre en oeuvre leur projet alternatif ? Avant de répondre à cette
question, MPM compte prendre contact avec l'État, car "le but est avant tout de maintenir l'emploi industriel". Mais si les Domaines estiment que le prix demandé, de l'ordre de 5 M€, est
correct, et si une solution, propice à une reprise de l'activité sur le site, se dessine, avec les différents acteurs concernés, dont les collectivités locales, il se pourrait bien que la
communauté urbaine apporte sa propre pierre à l'édifice, sous la forme d'une acquisition du foncier.
Le but des Fralib demeure donc plus que jamais la maîtrise de cet outil, comme ils l'ont rappelé hier lors d'une conférence de presse tenue symboliquement au milieu
des machines. "L'union départementale CGT a mis des moyens pour voir comment garder l'outil industriel", indiquait Thierry Pettavino, son secrétaire, faisant allusion aux syndicalistes
de tous horizons qui se relaient jour et nuit pour aider les salariés à veiller sur les locaux. "Le ministre a une occasion de mettre en pratique la démondialisation", estimait quant à
lui Freddy Huck, pour qui Unilever a "déshabillé cette usine", au fil des ans. Et de rappeler qu'en février dernier, le président Hollande, alors candidat, avait clamé haut et fort, à la
Bourse du travail à Paris, que la marque Éléphant appartenait aux salariés de Gémenos...
Le courrier envoyé au ministre
Magali Giovannangeli, présidente de l'Agglo, Pierre Mingaud, maire de La Penne et candidat aux législatives, ainsi que Daniel Fontaine, maire d'Aubagne, nous font
part du courrier qu'ils adressaient dès hier au nouveau ministre du redressement productif :
"Après 600 jours de lutte face à la multinationale Unilever pour maintenir leur outil de production performant, les 182 salariés attendent du nouveau gouvernement
un acte décisif en faveur de leur projet alternatif industriel. Le tribunal de grande instance de Marseille vient d'accorder un dernier sursis jusqu'au 1er juin. Il a ouvert ainsi une opportunité
pour que votre gouvernement produise dans ce délai les actes nécessaires pour faire aboutir le projet coopératif viable de reprise de l'activité.
Dans ce contexte d'urgence, nous soutenons, avec leur accord, la demande des salariés d'organiser en votre présence une table ronde autour de laquelle prendront
place, les représentants d'Unilever, les collectivités locales et les organisations syndicales concernées par la sauvegarde de l'industrie de notre région."
Marie-Cécile BERENGER Source laprovence.com
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