Disneyland Paris connaît aussi la crise de la dette
18 mai 2012
Dette - Le parc d’attraction enregistre de mauvais résultats financiers pour le premier trimestre 2012, qui s’ajoutent
à une dette déjà conséquente.
Bien que Disneyland Paris reste la première destination touristique en Europe, le parc d’attraction creuse son déficit de 22% au premier semestre 2011-2012. L’exploitant du plus grand parc à thème d’Europe envisage un plan d’économie si le prochain semestre ne lui permet pas de « tenir ses engagements financiers ».
Jusqu’à présent, les effets de la crise économique ne s’étaient pas fait ressentir sur le parc d’attraction le plus populaire d’Europe. Mais Disneyland Paris enregistre une perte nette de 100,8 millions d’euro et une baisse de son chiffre d’affaires, qui s’établit à 552,4 millions d’euros au premier trimestre, de 8%. Trois causes sont à l’origine de cette dégradation.
Un bilan plombé par la crise, de lourds investissements, mais surtout une dette colossale
On peut expliquer en partie ces mauvais chiffres par la baisse de la fréquentation des parcs (- 1,5% de visiteurs) et des hôtels ( -3,6%). Ainsi Disneyland a
accueilli moins d’Italiens et d’Espagnols, plus durement touchés par la crise, mais également moins de Néerlandais et de Belges. Cependant, le parc ne connaît pas une réelle une baisse de son
attractivité.
Ensuite vient le poids des investissements réalisés en vue du vingtième anniversaire du parc, qui a été officiellement fêté au mois d’avril dernier. Ont par exemple été mis au point un nouveau spectacle nocturne, de nouvelles parades et attractions. A également été entrepris la rénovation d’une partie des restaurants du site, ainsi que de certains hôtels, suivant une politique d’augmentation des prix.
Enfin et surtout, vient le poids de la dette du parc, qui se chiffre à 1,8 milliards d’euros, ce qui laisse peu de marge de manœuvre au président d’Euro Disney, Philippe Gas, contraint chaque année de remplir des « objectifs de performance prédéterminés ». Ainsi 64 millions d’euros ont déjà été versés pour le remboursement de la dette au premier semestre 2011-2012, et 72 millions sont prévus pour le second semestre.
Selon la direction, « le groupe dispose de ressources pour un avenir prévisible ». Toutefois, au vue d’un « contexte [qui] reste incertain et fragile », et si le second semestre ne lui permettait pas de tenir ses engagements financiers, il « serait amené à réduire ses coûts d’exploitation, une partie de ses dépenses d’investissements prévues, vendre des actifs et/ou solliciter l’aide de TWDC (The World Disney Compagny ndlr) ou d’autres parties».
« Des signes encourageants pour le second semestre »
Le directeur général adjoint de Disneyland Paris, Mark Stead, évoquant la situation économique du parc, a récemment déclaré : « on a très bien résisté à la crise ». De fait, la dépense moyenne par visiteur a augmenté de 2% dans les parcs, à hauteur de 44,11 euros par jour, et celle des hôtels a progressé de 4%, établissant le prix moyen d’une chambre à 207,29 euros la nuit. Cette stratégie de relèvements des prix a ainsi permit de compenser la baisse de fréquentation des parcs.
De plus, Mark Stead croit en « un effet booster » des investissements réalisés pour le vingtième anniversaire du parc au second semestre, le plus rentable en raison de la haute saison touristique, qui s’étend d’avril à septembre. Ceci avait déjà été observé lors des 15 ans du parc. M. Stead pense même que les effets positifs se feront sentir bien au-delà, affirmant : « ce sont des investissements de long terme, on prépare l’après-crise ».
Enfin, pour le directeur général adjoint, il y a déjà « des signes encourageants pour le second semestre« . Malgré une météo capricieuse, la direction relève une hausse des réservations dans les hôtels pour le mois d’avril de 66% et une augmentation du chiffre d’affaires global de 3%.
En définitive, Disneyland Paris a plutôt bien résisté à la crise économique, et reste la destination touristique la plus attractive d’Europe, avec un nouveau record de fréquentation : 15,6 millions d’entrés enregistrées au cours de l’exercice 2010-2011. Pourtant le parc n’a plus gagné d’argent depuis 2001. Plombé par le poids de sa dette, et malgré un profit opérationnel depuis 2007, l’exploitation de Disneyland Paris reste déficitaire. Mark Stead résume ainsi le problème: « La vraie question, c’est la dette ». Il n’est plus qu’à espérer que les aménagements pour les 20 ans du parc portent effectivement leurs fruits.
Héléna Pihen Source lecourant.info
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