Je sais que tout le monde pense que j'éxagère lorsque j'écris sur Disneyland Paris. Le fait est que je suis toujours en dessous de la réalité.
J'ai rencontré aujourd'hui un salarié dont les aventures à Disneyland Paris font que la réalité dépasse de très loin la fiction...
Voici donc l'histoire d'un jeune breton de 20 ans qui vient d'être licencié pour un vol présumé de 10 euros.
Alors qu'il travaillait à l'accueil d'une piscine de Disneyland Paris, un client vient louer des serviettes pour 10 euros. Comme il n'y avait pas de caisse ce jour
là, le jeune salarié prend les 10 euros et les range dans sa poche. Il n'allait tout de même pas les laisser traîner sur le comptoir...
Peu après il part en break et est remplacé par un autre salarié sur son lieu de travail.
C'est à ce moment que le client revient, et n'ayant pas utilisé les serviettes, demande le remboursement de ses 10 euros.
Notre jeune breton est donc envoyé chercher et la sécurité intervient.
Entretien à huis clos très violent, cris, méthodes d'intimidation vis à vis du crime qui va se retrouver sur le casier judiciaire du jeune homme, ce qui l'empêchera
par la suite de retrouver un emploi, coups de poing sur la table, enfin bref la totale.
Le jeune homme demande donc ce qu'il doit faire pour empêcher cela.
Il suffit d'avouer. Le jeune homme s'y résigne espérant que l'histoire s'arrêtera là.
Pas du tout... Puisqu'il a avoué un premier crime, il y a eu par le passé d'autres erreurs de caisse pour un préjudice total de 150 euros. La victime est faible,
fragilisé par toute la mise en scène qui le dépasse, il souhaite que ce cauchemard s'arrête, il avoue donc les nouveaux délits qu'on lui colle sur le dos (sans qu'il y ait la moindre vérification
s'il était présent le jour où les faits reprochés ont eu lieu, et si ces faits ont vraiment eu lieu).
Mais peu importe, le jeune homme de plus en plus apeuré par l'ampleur que cela prend est prêt à tout avouer, à tout signer pourvu qu'on le laisse partir.
Mais on n'est pas prêt de le laisser partir, on fait alors intervenir la police, on va déposer plainte contre ce voleur que Claude Guéan n'hésiterait pas à
qualifier de mutirécidiviste!
Le malheureux ayant avoué une première fois devant les agents de sécurité se retrouve dans l'obligation d'avouer une deuxième fois devant la police, car comment
expliquer qu'il a avoué la première fois parce qu'il avait peur?
Ces faits se sont déroulés le 16 avril 2012. Dans la foulée (le jour même) on lui notifie une convocation à entretien préalable pour licenciement pour le 27 avril
2012 avec mise à pied conservatoire, ce qui implique une suspension du salaire.
Le 27 avril 2012, le salarié qui devait être assisté par un représentant du personnel à son entretien préalable à licenciement, apprend que le représentant du
personnel ne pourra pas être présent. Il demande donc à un salarié de venir l'assister.
La manager chargée de l'entretien (ce n'est même pas son responsable hiérarchique qui fait l'entretien) refuse la présence du salarié qui était venu l'accompagner,
au mépris de toutes les règles, mais peu importe, au regard de l'employeur ce n'est qu'un détail futile...
L'entretien dure un peu plus d'une heure, temps pendant lequel le salarié qui était venu pour assister notre jeune breton, attendra derrière la porte.
Cela ne s'arrête pas là...
Notre jeune breton se retrouve convoqué au tribunal de grande instance de Meaux le 2 mai 2012 pour une composition pénale, suite au dépôt de plainte, je
suppose.
Le temps ayant fait disparaître sa frayeur initiale il tente d'expliquer toute l'histoire, mais pour la justice, les aveux suffisent, inutile de reécouter cette
histoire, on lui explique en quelques mots que s'il n'accepte pas la proposition de composition pénale, il lui faudra prendre un avocat et s'engager dans une procédure bien plus complexe.
Sans argent, ignorant du droit, le salarié obtempère, vaincu.
Il se retrouve condamné à devoir payer 300 euros en espèces (je précise que depuis le 16 avril il a rendu les 10 euros, cause de tous ses malheurs).
Mais l'histoire ne s'arrête pas là...
Le 14 mai 2012, il reçoit sa lettre de licenciement et comme il loge dans un appartement lié à son contrat de travail, il est prié de dégager illico presto, le
voilà donc SDF.
Mais l'histoire ne s'arrête toujours pas là... le meilleur est à venir!
Je vous raconterai la suite demain soir et je me ferai un immense plaisir de publier l'ensemble des documents qui entourent cette histoire somme toute assez
classique de la vie paisible à Disneyland Paris, afin que les incrédules ne puissent plus douter.
Disneyland Paris, c'est un véritable petit paradis que je vous dis, surtout pour les salariés...
Amitiés à tous et à toutes
Cyril LAZARO
PS : je ne peux m'empêcher de rappeler pour ceux qui ont la mémoire courte que pour les malversations actuellement recensées du Comité d'Entreprise, c'est à dire
pour un montant de 550 000 euros, + 230 000 euros à justifier, il n'y a pas eu à ce jour une seule sanction de prise... Quelle est la mauvaise langue qui ose dire 2 poids, 2 mesures?
Non mais on rêve là!
C'est pourtant simple à comprendre!
Pour 10 euros tu es un délinquant, un voleur de la pire espèce, un escroc de bas étage... Pour 800 000 euros tu es presque un business man!
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