Jeudi 14 mai 2009
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Pour avoir siégé pendant six ans au conseil de prud'hommes de Melun, je ne suis pas surpris de ce qui se passe. Les conseillers qui donnent beaucoup de leur temps
personnel pour rendre une justice de qualité sont aujourd'hui les victimes d'un système lié au rendement.
Nul doute que les premières victimes de cette mini révolte seront les justiciables dont le nombre de dossiers ne va cesser d'augmenter avec la crise. Encore un petit effort et la spécificité
française du conseil des prud'hommes disparaitra au profit d'une justice professionnelle qui privera un grand nombre de salariés de pouvoir faire valoir leurs droits, faute de moyens financiers, et
faute de pouvoir attendre des procédures qui prennent de plus en plus de temps, d'autant que les employeurs n'hésiteront pas à faire appel des jugements et à aller jusqu'à la Cour de Cassation,
histoire de bien enfoncer les salariés.
Nous arrivons à un paradoxe (un de plus), où les salariés auront la possibilité dans l'absolu de faire valoir leurs droits, mais ils n'auront pas cette possibilité dans la réalité quotidienne, tout
comme les séniors qui se plaindront de la maigreur de leurs retraites peuvent dans l'absolu travailler jusqu'à 70 ans bien qu'aucune entreprise dans la réalité n'en veuille dans leurs rangs.
Signe des temps ou chronique d'une mort annoncée, cela ne m'empêche pas de donner raison aux conseillers qui se rebiffent, et d'appeler les syndicats à venir à leur secours, car ce sont eux qui les
ont fait élire.
Cyril LAZARO
Par Cyril LAZARO
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Publié dans : Réflexions
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