Quand les banquiers s'en Grèce,
la population s’embrase
Dimanche soir, en Grèce, en dépit de la colère du peuple, les députés votaient un énième plan d'austérité imposé par les banques et leurs représentants Merkel et
Sarkozy. Quelque 40 députés (de droite ou du PS) qui ont refusé le plan ont été exclus de leur parti !
Au menu cette fois, une baisse de 22 % du salaire minimum, qui passe à 586 euros bruts, la suppression de 15 000 emplois publics et de nouvelles coupes dans
les retraites. Alors que le chômage officiel est de 21 %, que le nombre de sans-domicile a augmenté de 25 % en deux ans et que les salaires, quand ils sont versés, ne permettent plus de joindre
les deux bouts, les dirigeants du pays privilégient encore les profits et les banques qui spéculent sur la dette.
Pourtant, ni la crise, ni la dette de la Grèce ne sont de la responsabilité des travailleurs grecs. Curieux que les huissiers du FMI ne s’en prennent ni aux biens
de l’Eglise, ni sérieusement au faramineux budget de l’armée grecque, l’une des meilleures clientes des des marchands d’armes français, allemands ou américains ! Mais les travailleurs ne se
laissent pas faire et les opposants aux attaques sont toujours aussi nombreux depuis les grandes manifestations de juin et octobre 2011.
Vendredi et samedi, la grève générale appelée par les syndicats a rencontré un succès. À Athènes, les transports en commun étaient inexistants, tandis qu'une
banderole géante étendue sur l'Acropole dénonçait la « dictature des monopoles de l'Union européenne ». Dimanche, 100 000 manifestants se sont rassemblés devant le parlement, où les députés qui
ont voté l'austérité récoltaient le mépris de la population. La révolte a grondé toute la nuit.
Ce hold-up contre les travailleurs grecs n'est que l'avant-goût de ce qui se prépare contre ceux de toute l'Europe, dont la France, comme le confirment les
nouvelles annonces de Sarkozy. Reste à prendre exemple sur le peuple grec. Les banques et leurs huissiers imposent leur dictature et étranglent les peuples par gouvernements interposés : qui sème
la misère, comme en Grèce, récoltera la tempête sociale.
Le meilleur des mondes de Sarkozy
Dans ses confidences au Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy s'est découvert une nouvelle passion pour les référendums. Mais attention, il n’est pas question de laisser
la population décider de l'âge de la retraite, des embauches dans les services publics, de l'augmentation des salaires. Il ne s'agit que d'opposer chômeurs et salariés, Français et immigrés, pour
que les responsables de la crise puissent dormir tranquilles sur leurs milliards.
La proposition de vote ? Imposer aux chômeurs une prétendue formation dans un secteur choisi par un « comité national », à l'issue de laquelle ils seraient obligés
d'accepter le premier emploi proposé. Ainsi, les salariés ne pourraient même plus choisir leur métier ! A quand une « civilisation supérieure », modèle Guéant-Sarkozy, où les individus devront
exercer la profession que leur impose le haut de la hiérarchie sociale ?
En s'attaquant aux plus précaires, Sarkozy s'en prend à tous les travailleurs. Obliger les chômeurs à accepter n'importe quel emploi, même pour un salaire de
misère, loin de chez eux ou avec des cadences intenables, c'est faire pression sur l'ensemble des travailleurs.
Cela revient à accuser les licenciés de la rapacité des licencieurs. Pourtant, aucun des mille chômeurs supplémentaires
que Pôle Emploi compte chaque jour n'a choisi de perdre son travail. Au contraire, nombreux sont ceux qui se battent contre les suppressions d'emplois ou les fermetures
d'usine.
Pour interdire les licenciements et obliger le patronat à prendre sur ses profits pour maintenir les emplois, il ne faut pas compter sur Sarkozy, ni d'ailleurs sur
le futur président, quel qu’il soit.
Seuls les travailleurs, par leurs luttes et sans attendre d'être appelés à voter, sont en mesure de faire reculer patronat et gouvernement et d'imposer leurs
intérêts.
Source http://www.convergencesrevolutionnaires.org/
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