Comité Solidarité Basque Lille le 7 Décembre 2011
Bonjour,
Hier soir, nous vous avons envoyé un document dit « Accord de Guernika » qui précisait les choix et les options politiques actuels de la gauche indépendantiste basque ; comme en écho, la réponse de l’état espagnol, via ses juridictions d’exception, est de poursuivre dans la voie du « tout répressif ».
En requérant 10 années de prison à l’encontre de dirigeants politiques basques, engagés depuis longtemps en faveur des options politiques contenues dans ce document « Accord de Guernika », l’Etat Espagnol désire-t-il à tout prix que se poursuive l’affrontement ? la question est posée.
Nous, comité de solidarité, continuons à dénoncer cette répression sauvage contre tous, militants et militantes, engagés en faveur de l’indépendantisme basque.
Nous sommes solidaires de ces huit dirigeants indépendantistes qui avaient été arrêtés en octobre 2009, tout comme nous le sommes de ceux, activistes de ETA, condamnés à de fortes peines de prison par la cour d’assisse spéciale de Paris en décembre 2010.
Nous tenons à apporter notre soutien et notre solidarité à ceux et celles qui manifesteront dans les rues de Bilbao ce samedi 8 janvier en faveur des prisonniers politiques basques sous les slogans :
«Euskal Presoak Euskal Herrira dagozkien eskubideen jabe, EGIN DEZAGUN URRATSA ! » (Les prisonniers et prisonnières politiques basques au Pays basque avec tous leurs droits, FAISONS UN PAS EN AVANT !).
Lille le 7 décembre 2011 - csblille@aol.com
Dix ans de prison requis contre huit dirigeants indépendantistes
06/01/2011
Giuliano CAVATERRA
Le procureur de l'Audience nationale, plus haute instance pénale espagnole, a réclamé en début de semaine des peines de dix ans de prison pour huit dirigeants indépendantistes qui avaient été arrêtés en octobre 2009.
Arnaldo Otegi (ancien porte-parole de Batasuna), Rafa Diez, (ancien secrétaire général du syndicat LAB), Arkaitz Rodriguez, Sonia Jacinto, Miren Zabaleta, Txelui Moreno, Amaia Esnal et Mañel Serra sont accusés d'«appartenance à une organisation terroriste» pour avoir voulu impulser une «alliance indépendantiste», qui avait pour finalité «l'incorporation de formations politiques comme Eusko Alkartasuna (EA), Aralar, Abertzaleen Batasuna (AB) et ELA» dans la «confrontation entre le Pays Basque Euskal Herria et l'Etat».
Lors de leur arrestation, une partie d'entre eux était en train de rédiger le texte qui avait constitué le socle des discussions des bases de la gauche abertzale et qui a débouché sur la résolution Zutik Euskal Herria. Rappelons que cette résolution qui affirme «l'engagement irréversible» de la gauche abertzale «en faveur des voies exclusivement politiques, pacifiques et démocratiques» est à l'origine des expectatives actuelles sur un changement de cycle politique en Pays Basque et un possible scénario de paix.
Le procureur de l'Audience nationale, Vicente Gonzalez Mota, les accuse d'avoir essayé de reconstruire Batasuna au travers du projet Bateragune, qui aurait agi comme «organe de construction du pôle souverainiste sous le contrôle d'ETA». A ce sujet, le document du parquet contient toutefois des contradictions puisque d'un côté il affirme que l'activité politique que menaient ces militants était «sous le contrôle d'ETA», et d'un autre, il mentionne des documents attribués par la police à l'organisation armée desquels il ressortirait que cette dernière aurait été en désaccord avec les décisions de ces militants.
A l'époque de leur arrestation, beaucoup de monde dans les milieux politique et médiatique savait qu'ils étaient en train de travailler sur un changement stratégique majeur et donc d'ouvrir un chemin vers la paix. Certains observateurs, comme Iñaki Iriondo du quotidien Gara, sont donc persuadés que les forces de police et le ministre de l'Intérieur lui-même étaient au courant du contenu des discussions de la gauche abertzale puisque les militants arrêtés étaient espionnés 24 heures sur 24. En Pays Basque, l'arrestation avait suscité l'indignation générale et une manifestation monstre avait eu lieu. EA, par exemple, avait réagi en affirmant que l'opération policière était une tentative pour «empêcher tous pas décisif vers l'utilisation exclusive des voies politiques».
Cette décision intervient alors que les médias de l'Etat espagnol bruissent de rumeurs quant à l'imminence d'une déclaration d'ETA pour laquelle l'organisation armée s'engagerait plus avant pour l'ouverture d'un processus démocratique.
L'un des indépendantistes mis en cause, Txelui Moreno, a déclaré à ce propos mardi à la radio Onda Vasca ne pas savoir «d'où était sorti qu'il y aurait un communiqué et [...] la date» de celui-ci, affirmant qu'ETA «a ses propres rythmes». Il s'est cependant déclaré confiant dans le fait que l'organisation «fera un communiqué» et qu'elle donnera «une réponse positive» pour l'ouverture d'un processus démocratique.
Note : Eusko Alkartasuna (EA), Aralar sont des mouvements politiques du pays basque sud (« Espagne ») tout comme LAB qui est un syndicat, Abertzaleen Batasuna (AB) est en pays basque nord (« France ») Stephan
Derniers Commentaires