Disneyland Paris, est un des sites
touristiques les plus visités en Europe. Plus de 15,4 millions de personnes ont afflué vers le parc l'an dernier.
Disneyland est un monde magique, sucré , rempli de gentils lutins colorés... une entreprise qui vend du rêve et du bonheur aux enfants....
Qu'en est-il pour les 14.500 personnes qui travaillent sur le site ?
Depuis le début de l'année, plusieurs salariés de Disneyland Paris se sont suicidés et un salarié a fait également un tentative de suicide sur son lieu de travail.
Ces mots, gravés sur le mur d'une des pièces de son domicile où il s'est donné la mort par pendaison , sont le message d'adieu laissé par Franck Claret , salarié d'Eurodisney à sa famille.
Franck travaillait à Eurodisney depuis plus de dix ans et était chef de cuisine du restaurant California Grill un des hôtels les plus huppés
du complexe touristique.
Selon plusieurs responsables syndicaux, il devait reprendre le travail le jour même de son suicide, après un arrêt maladie prolongé d’un congé. Agé de 37 ans, Franck était père de quatre enfants.
Selon le syndicat FO, ce manager avait demandé sans succès, sa réaffectation à un autre établissement du groupe aux horaires moins contraignants, car «il ne pouvait plus concilier son rythme de
travail avec sa vie de famille.»
Le premier, début février, "pour raisons personnelles", selon la direction.
Le second, cuisinier au restaurant Blue Lagoon, s’est suicidé à la gare d’Esbly , dix jours après son retour au travail.
En arrêt maladie depuis huit mois pour « état dépressif à la suite d’un problème au travail (harcèlement) », ce Marocain de 30 ans était toujours sous traitement
lourd — un cocktail d’anxiolytiques et d’antidépresseurs — quand il a repris son poste à mi-temps thérapeutique .
Dimanche, après être rentré de son travail, Rabii Hourourou est ressorti de chez lui, à Esbly, pour se rendre à la gare SNCF voisine. Déterminé, il a attendu qu’un train arrive pour poser sa tête
sur un rail.
Selon les syndicats, ce suicide est lié à
ses conditions de travail humiliantes. Il avait, en effet, déposé un dossier aux prud’hommes pour harcèlement moral et une plainte au commissariat de Meaux.
« Quand je suis arrivé au travail, un collègue m’a dit de partir, que je venais d’être licencié et que je n’avais plus rien à faire ici », raconte-t-il. Désespéré,
il appelle une responsable syndicale. « Je lui ai dit que j’allais me foutre en l’air depuis la tour de la Terreur », se souvient-il. Il se retranche dans un local syndical, où il menace de s’«
ouvrir les veines ». Il faudra l’intervention de plusieurs responsables pour l’en dissuader.
« Mes problèmes à Disneyland ont vraiment commencé en octobre 2007. J’avais soutenu une collègue insultée par un client. Mon manageur me l’a reproché. Il ne m’a pas lâché depuis… » Et d’évoquer «
les convocations à répétition, les menaces, les remarques vexantes… », entre autres « pressions » exercées par son supérieur direct.
Pompier volontaire, Pierre subit des changements d’emploi du temps qui le gênent pour ses gardes. Quand il s’y rend tout de même, il est sanctionné pour ses absences. « Un jour, j’ai éclaté en
sanglots dans le bureau du manageur en chef. Il m’a dit de prendre sur moi… » Au printemps 2009, à la demande du médecin du travail, il est transféré en urgence sur la tour de la Terreur. Son
ancien manageur le convoque quand même pour un entretien disciplinaire…
Depuis, le salarié fait « dépression sur dépression. » Source :Aurélien Pérol le parisien.fr
Dans plusieurs billets j'ai dénoncé le battage politico- médiatique fait autour des suicides qui se produisent dans certaines grandes entreprises.
Mon propos n'est pas de nier l'existence dans ces entreprises d' une déshumanisation des rapports sociaux , de tensions, de pressions de toutes sortes créant une déstabilisation des salariés et une réelle souffrance au travail mais de dénoncer la "focalisation" de l'attention médiatique et politique sur ces entreprises car la souffrance existe aussi ailleurs notamment dans les petites structures , parmi les salariés pauvres et précaires et les chômeurs ....
Mais force est de constater que ces suicides doivent nous amener à nous questionner sur le sens de nos valeurs " sociétales" et de la place de l'humain au sein de l'entreprise.
Disneyland Paris qui ne fait pas exception est le pur produit d'un capitalisme "broyeur d'hommes "
Faits et chiffres :
Depuis, c'est pire, malgré le renforcement des effectifs médicaux et paramédicaux. "En matière d'AT et de maladies professionnelles, la situation s'est nettement dégradée", confie à L'Express le Dr Farshad Majidi, responsable du service médical. Le taux d'AT est désormais plus élevé à Euro Disney Paris que dans... le bâtiment et les travaux publics, révèle le rapport 2009. "Ce niveau s'explique par la dangerosité de certains métiers, comme celui de cascadeur, et par le vieillissement de notre population, assure Bruno Fournet, directeur santé et sécurité à Euro Disney. Et nous déclarons tous les accidents, même bénins."
322 licenciements en 2006.
343 licenciements en 2007.
416 licenciements en 2008.
Nous pouvons lire sur le blog de Cyril Lazaro " Un tel bilan marque l'inexistence des
organisations syndicales, la non existence du dialogue social, l'incompétence du recrutement, la porte ouverte aux abus en tous genres de la part des ressources humaines et des petits
chefs.
Sur les 416 licenciements prononcés en 2008 dans l'entreprise, 283 licenciements (68%) sont des licenciements pour faute grave de salariés non
cadres.
Les licenciements pour faute grave de salariés non cadres sont en augmentation de 70% par rapport à 2006 et de 41% par rapport à 2007.
Une telle
donnée ne laisse aucun doute et pour avoir moi même été victime d'une procédure de licenciement, il y a quelques jours, je peux affirmer que l'aspect répressif vis à vis des salariés non cadres
est en marche, avec une claire volonté de priver ces salariés d'une partie de leurs droits en utilisant comme qualification du licenciement la faute grave et non pas la cause réelle
sérieuse.
L'entreprise a compris qu'en licenciant pour faute grave, les salariés qui vont aux prud'hommes obtiennent en général la requalification du
licenciement en cause réelle et sérieuse et beaucoup plus rarement la reconnaissance du licenciement comme étant abusif.....
Les chiffres ont pour avantage de ne
pas mentir sur certaines réalités, et le durcissement disciplinaire à Disneyland Paris à l'égard des salariés non cadres, est une réalité
indéniable.
D'ailleurs le nombre de démissions des salariés non cadres a lui aussi augmenté de 20% par rapport à 2007, portant le nombre à 1288 salariés non
cadres qui ont démissionné en 2008.
Une augmentation de travail sur le terrain, des exigences professionnelles accrues de la part de l'encadrement, une
flexibilité qui tourne à l'hyper flexibilité, des horaires fluctuants en fonction des besoins opérationnels, des salaires qui ne suivent pas, le travail du dimanche payé simple sans compensation,
un silence syndical assourdissant, cela commence à faire beaucoup."
Le nombre de visiteurs, qui avait continué d’augmenter jusqu’en septembre 2009 malgré la crise, est en recul. La baisse de fréquentation touche indifféremment les parcs à thème et les hôtels.
Les dépenses par visiteur restent stables dans les parcs et augmentent même légèrement (+ 3% en moyenne par chambre) dans les hôtels, sans toutefois compenser la
perte de clientèle. les visiteurs britanniques se sont faits beaucoup moins nombreux fin 2009 que l’année précédente et les français sont venus moins nombreux pour les fêtes.
Résultat : un chiffre d’affaires de 292 M€, en baisse de 11% par rapport à la même période l’an passé.
La récession a fini par rattraper Disneyland voir les résultat de l'exerciec clos le 31.03.2010 (Perte nette de 114
millions d'euros )
Selon des sources syndicales , le nombre d'emplois dans les restaurants et hôtels sur le site a été fortement réduit. L'embauche de travailleurs
saisonniers a également été revu à la baisse.
En revanche davantage d'heures et des semaines de six jours de travail sont souvent exigés .
Le Syndicat FO a adressé en mars 2010 au Président d'Eurodisney, Philippe Gas,
une lettre ouverte dans laquelle on peut lire :
NON à la traque aux salariés qui osent parler, réclamer, ou se défendre !...
NON aux harcèlements des « rares » délégués qui osent revendiquer, alerter, et dénoncer si besoin !!
Mais quel est donc votre prétendu « modèle social » où vos représentants peuvent se permettre d’agir comme suit .....
Selon Noel Barbier, délégué CFTC et employé Disneyland depuis l'ouverture du parc en 1992 "Une grande partie du problème est que la gestion actuelle Disneyland n'a pas de stratégie - et
apparemment aucun désir - de tirer le meilleur parti de sa main-d'œuvre»
Tama Gandega, 43 ans, est un directeur adjoint dans l'un des hôtels du site. "Tout le plaisir de service a disparu. Certains jours, nous avons à faire 3.500 petits déjeuners avec la moitié du
personnel que nous avions il y a quelques années. "
Sandrine, 39 ans, fait partie de l'équipe qui représente les princesses Disney dans les défilés. "Parfois, ils sont tellement épuisés de semaines de travail de six jours, ils peuvent à peine
bouger, le sourire jamais l'esprit, dit-elle. "Mais ils sont obligés de sourire, parce que c'est la magie de Disney."
Nous pouvons lire dans " the independent " du 6 mai
2010 les déclarations de Jeff Archambault, directeur de la communication
"En raison de la nature de l'entreprise le bonheur de nos employés est très important pour nous. Tout le monde à Disneyland Paris est un acteur, du plus jeune
employé au cadre de direction.
«Beaucoup de ces plaintes sont une question de perception. tous les salariés ne se sentent ni ignorés ni ou sous-évaluées. Soixante-dix pour cent de nos chefs d'équipe ont été promus en
interne. Malgré la crise financière, nous avons fait un gros effort pour maintenir - et même augmenter légèrement - notre personnel à temps plein. Il y a eu des augmentations de salaires de 3
pour cent ou plus en 2009 et 2010. "
Sur le taux élevé d'accidents du travail à Disneyland, M. Archambault dit que la compagnie était au courant du problème et essaie d'améliorer son record mais la plupart des incidents ont été
relativement «mineure».
"Nous n'acceptons pas que ces événements tragiques ( suicides) puissent être directement liées à Disneyland Paris", a dit M. Archambault. "Mais nous reconnaissons que, avec la
crise financière, nous sommes tous soumis à un stress accru.
Source emotions.20minutes-blogs.fr
Il parait évident à la lecture de cet article que les suicides ou tentatives de suicides chez Disney Paris sont liés aux pesantes et stressantes conditions de travail que subissent les salariés.
Je t'invite à lire le rappel de procédure que je viens de recevoir pour un dépassement de 8 minutes du 19 mars, soit presque deux mois auparavant.
Disneyland Paris : Grave délit chez Disney