"Le texte, qui pose des objectifs et met en oeuvre des moyens pour les réaliser, va permettre à tout le monde, entreprise, managers et salariés, de s'adapter au fait inéluctable de travailler plus longtemps", déclare Jean-Luc Masset, directeur des ressources humaines (DRH) des hypermarchés en France. Surtout, le groupe de distribution se fixe comme objectif principal pour 2012 un pourcentage d'embauches des plus de 45 ans représentant 1 % des recrutements, dont 0,5 % ayant au moins 50 ans.
Pour y parvenir, Carrefour compte sur le développement de son partenariat avec Pôle emploi - avec lequel est déjà pratiquée la "méthode de recrutement par simulation" (MRS) -, qui fournira des candidatures de salariés âgés ; d'autre part, l'entreprise s'engage à participer à des forums emploi destinés aux seniors.
Pour Claudette Montoya, représentant la CGT, qui n'a pas signé l'accord (de même que la CFE-CGC), ces promesses d'embauche demeurent faibles : "Cela n'oeuvre guère pour le retour à l'emploi des chômeurs âgés. En outre, je n'y crois pas beaucoup, car elles me paraissent en contradiction avec la politique actuelle, qui consiste à dégraisser, puisque nous recensons 6 000 suppressions de postes depuis un an."
Carrefour entend également mettre en place des organisations du travail plus adaptées afin de diminuer la pénibilité du travail. Les salariés de 55 ans pourront prendre trois semaines de vacances consécutives. Les non-cadres n'effectueront pas plus d'un nocturne par semaine, s'ils le souhaitent. Et ces derniers auront la possibilité de passer à temps partiel progressivement : 32 heures hebdomadaires à 54 ans, 28 heures à 55 ans, etc. "Nous compenserons partiellement la perte de salaire entre 750 et 3 000 euros brut, selon le temps de travail choisi, précise M. Masset. C'est une véritable incitation."
Vu les bas salaires pratiqués, Mme Montoya doute cependant qu'un grand nombre de salariés, qui n'auront déjà qu'une retraite réduite à la portion congrue, optent pour cette réduction par paliers de leur temps de travail.
Et de noter que rien n'est réellement envisagé, dans cet accord, pour améliorer concrètement les conditions de travail : "Jamais nous n'avons connu autant de troubles musculo-squelettiques (TMS) et d'arrêts maladie pour stress et dépression nerveuse. Or, c'est là qu'il faudrait agir pour que les salariés, en vieillissant, ne soient pas exclus du travail...", dit-elle.
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