La crise de succession à la CGT entre dans une phase plus aiguë: le "parlement" de l'organisation vient de désavouer Bernard Thibault, en rejetant la candidature de sa favorite, Nadine
Prigent. Le Comité confédéral national ("parlement") de la CGT a en effet rejeté ce jeudi matin la proposition que lui avait faite la Commission exécutive ("gouvernement") d'adouber
Nadine Prigent pour succéder à Bernard Thibault à la tête de la centrale. Le CCN, qui a le dernier mot en la matière, a rejeté ce choix par 304 mandats, contre 255 voix pour et 73
abstentions.
Après des mois de tractations, Nadine Prigent, infirmière de 54 ans,
et membre du bureau confédéral, n'a donc pas réussi à convaincre. Elle avait pourtant un appui de taille en interne: celui de Bernard Thibault, qui en dernière minute avait même réussi à
rallier à sa cause la Commission exécutive. Dans
un premier temps en effet, cette dernière avait refusé d'adouber
la protégée de Thibault (par 21 voix, contre 20 et 5 abstentions), jusqu'à un enième rebondissement cette nuit.
Décision repoussée de plusieurs mois
Après ce rejet, la Commission exécutive s'est de nouveau réunie jeudi à la mi-journée. Elle devait initialement faire une nouvelle proposition, mais selon les
informations de Libération, la décision sera finalement repoussée de plusieurs mois. Face à l'impossibilité de dégager une majorité sur un nom, c'est en effet lors du prochain comité
confédéral national après les vacances d'été
qu'une décision devrait être prise.
Nadine Prigent
paraissant désormais hors course, restent les deux autres prétendants : Eric Aubin, secrétaire général de la fédération de la construction, candidat combattu par Bernard Thibault, et Agnès
Naton, retraitée de la Poste et responsable du journal de l'organisation, soutenue par la direction sortante.
De nouveaux candidats pourraient également faire leur entrée. C'est apparemment le cas de Thierry Le Paon, le responsable de la CGT du Calvados. Selon France3.fr, Thierry le Paon, ancien délégué syndical chez Moulinex, qui dirige une fédération et a
l'expérience du terrain, pourrait en effet se poser en recours pour sortir de cette guerre de succession qui oppose deux conceptions du syndicalisme et deux styles.
Une crise inédite
Cela fait désormais depuis le mois de janvier- date à laquelle Bernard Thibault a annoncé qu'il ne se représenterait pas à sa
propre succession- que la
CGT est en crise, aucune personnalité incontesté n'émergeant pour prendre la relève. L'insistance de Bernard Thibault de voir une femme lui succéder a compliqué encore plus la donne, ce
qui l'a conduit à refuser son soutien à Eric Aubin, chargé du dossier de la retraite et issu du privé. Ce dernier avait pourtant la préférence de plusieurs fédérations, quand d'autres
jugeaient Prigent "trop rigide", lui reprochant notamment de prôner un retour à un syndicalisme d'opposition trop net.
Depuis le mois de mai, Bernard Thibault a donc tenté de convaincre ses équipes. Il a tenu neuf réunions inter-régionales, "mais plus il avançait, plus il
s'obstinait, alors que des fédérations lui avaient signalé qu'elles ne voteraient pas pour Nadine Prigent", soulignait récemment un cadre proche de M. Aubin.
Ce n'est pas la première fois que M. Thibault se voit mis en minorité par le CCN: en 2005 le "Parlement" avait imposé, contre son gré, le vote non au traité
constitutionnel européen. Mais c'est la première crise de succession à la CGT depuis la rupture de son cordon ombilical avec le Parti communiste dans les années 1990.
La première vraie élection "non politique" était celle de M. Thibault en 1999, qui s'était déroulée sans heurts. L'ex-cheminot a été ensuite réélu de manière
consensuelle pour quatre mandats consécutifs. "Ce conflit est d'autant plus regrettable qu'il ne porte pas sur des orientations mais purement sur des questions de sensibilité de personne",
conclut un analyste.
Source lexpansion.lexpress.fr
Succession de Thibault à la CGT : le feuilleton est loin d'être fini
En proposant Nadine Prigent pour lui succéder, Bernard Thibault a pris le risque d'être mis en minorité. Mais la réunion décisive aura lieu les 30 et 31 mai.
D'ici là, de nouveaux rebondissements ne sont pas à exclure.
Fausses pistes, coups de théâtre et petites manoeuvres... La succession de Bernard Thibault à la tête de la CGT est
en passe de devenir le feuilleton de l'année 2012. Nul ne sait combien il comptera d'épisodes. Nul ne se hasarde plus à en écrire l'épilogue tant les surprises se sont enchaînées ces
derniers mois.
Dernière en date, la réunion qui s'est tenue ce vendredi. Bernard Thibault a proposé aux 54 membres de la commission exécutive (la CE pour les initiés) le nom
de Nadine Prigent pour prendre sa suite en mars
2013 lors du congrès de Toulouse. Une femme de 54 ans, ancienne dirigeante de la fédération de la santé, qui représente désormais la CGT au sein de l'intersyndicale.
Le secrétaire général sortant savait que sa candidate ne faisait pas l'unanimité, mais il pensait au moins passer le cap de la CE. Or, il a été mis en minorité par 21 voix, contre 20 qui se sont
dites favorables et 5 qui se sont abstenues.
Le dernier mot au Comité confédéral national
L'histoire n'est pourtant pas écrite et l'étape cruciale se déroulera la semaine prochaine, les 30 et 31 mai, lors de la réunion du Comité confédéral
national. Selon les statuts, c'est à ce CCN, qui regroupe 300 personnes représentant à la fois les secteurs et les territoires, que revient le dernier mot.
Vraisemblablement, la majorité du CCN se montrera également défavorable à Nadine Prigent que beaucoup considèrent comme trop rigide et pas assez souple pour
diriger la CGT. Reste à savoir ce qui se passera alors. Un autre candidat pourra-t-il être soumis aussitôt au vote ou faudra-t-il repartir pour un cycle complet de consultations et de
réflexions ? Eric Aubin, patron de la fédération de la construction et responsable du dossier "retraites" à la confédération pourrait-il déjà s'imposer alors qu'il n'a pas le soutien du
secrétaire général sortant ?
Thibault va-t-il changer de candidat?
A moins que Bernard Thibault, après sa mise en minorité d'aujourd'hui, ne change de stratégie... et de candidat, en proposant un autre nom au vote. Il
pourrait se rallier à Eric Aubin ou se reporter sur Agnès Naton, patronne du journal " Nouvelle Vie ouvrière ", qui a l'avantage d'être une femme.
Qui qu'il arrive Bernard Thibault est en train de rater sa sortie. C'est la seconde fois au cours de son mandat qu'il est mis en minorité. En 2005, déjà,
lorsqu'il avait défendu le "oui" sur le référendum à la constitution européenne, l'organisation s'était opposée à lui. Surtout, le psychodrame tombe au plus mal alors que le gouvernement
Ayrault a fait du dialogue social la clé de voute de son action. En pleine crise, la CGT peine à jouer pleinement son rôle et risque de laisser la part belle à la CFDT.
Source lexpansion.lexpress.fr
CGT : le choix du successeur de Thibault reporté
La décision des instances de la CGT sur le successeur de Bernard Thibault, dont le quatrième et dernier mandat s'achève en mars 2013, a été finalement
repoussée, sans doute à la rentrée, selon nos informations. Face à l'impossibilité de dégager une majorité sur un nom, ce sera au prochain comité confédéral national (CCN, parlement de la
CGT) de se prononcer, après les vacances d'été. En attendant, la prochaine commission exécutive (CE, direction élargie de l'organisation), celle du 12 juin, ou au pire celle des 19 et 20
juin, devra définir "une méthode et un calendrier" permettant de dégager une nouvelle candidature, après le rejet de la candidate proposée.
En effet, le matin même, un nouveau coup de théâtre avait émaillé le feuilleton désormais interminable de la succession de Bernard Thibault, responsable de la
centrale depuis 1999. La candidature de Nadine Prigent, ancienne secrétaire générale de la fédération de la santé, soutenue par Thibault, avait été repoussée par le comité confédéral
national, par une majorité de 304 mandats contre (255 pour, 82 abstentions).
Cette candidature représentait elle-même une surprise : après une journée de débats, hier, au sein du CCN, et la tenue, dans la foulée, d’une commission
exécutive jusqu'à 3 heures du matin, c'est Nadine Prigent que la CE avait finalement choisi de présenter au vote du CCN, alors que cette même instance avait rejeté son nom cinq jours plus
tôt...
Nadine Prigent paraissant désormais hors course, restent les deux autres prétendants : Eric Aubin, secrétaire général de la fédération de la construction,
candidat combattu par Bernard Thibault, et Agnès Naton, retraitée de la Poste et responsable du journal de l’organisation, soutenue par la direction sortante. Plus d'autres candidatures
possibles d'ici la rentrée, que la direction pourrait susciter afin de faire barrage à Eric Aubin.
Source liberation.fr
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